L’activité textile fait partie de l’ADN de Roanne et du territoire roannais. Dès le Moyen Âge, les paysans-tisseurs filent et tissent le lin et le chanvre. Ses nombreux cours d’eau sont aussi un atout. Ils offrent une énergie indispensable au fonctionnement des usines textiles et une pureté idéale à la teinturerie. Le boom de l’industrie textile à Roanne naît enfin de la proximité des soyeux Lyonnais qui trouvent dans le Nord du département de la Loire une main-d’œuvre qualifiée.

Usine de tissage à Roanne
Usine de tissage à Roanne

Depuis, la tradition est restée, le Roannais s’est affranchi de la tutelle de Lyon. Aujourd’hui, plusieurs entreprises créent des tissus de grande qualité que l’on retrouve dans les maisons de haute couture. Votre soif de shopping n’est pas encore assouvie ? Les magasins d’usine sont également nombreux et font le bonheur des chasseuses de bonnes affaires.

Boutique Docks du Blanc à Roanne

Les magasins d’usine

Dans le Roannais, plusieurs enseignes proposent des magasins d’usine où vous dénicherez forcément de bonnes affaires. Linge de maison, vêtements prêt-à-porter femme, homme, enfants, lingerie… n’attendez plus et poussez la porte de ces boutiques.

Les chiffres clés

  • En 1900, Roanne est la ville aux 100 cheminées. Emile Noirot, peintre roannais de renom les a d’ailleurs immortalisées dans l’une de ses œuvres. Elles sont le symbole de la richesse et de prospérité de la ville. Pour l’anecdote, pour la construction des halles Diderot en 1982, l’usine Beluze et sa cheminée furent détruits. Les habitants du quartier, nostalgiques, avaient fait une pétition pour conserver la cheminée, symbole de ce riche passé.
  • La population de la ville a doublé entre 1866 et 1911 : 19 354 habitants contre 36 697 habitants.
  • A la fin du XIXe siècle, 10 000 ouvriers travaillent dans les usines roannaises.
  • A cette époque, Roanne est le 4e foyer cotonnier de France.

Roanne, une ville marquée par le tissage

Au début du XIXe siècle, à la suite de la crise des canuts à Lyon, les grands tisseurs lyonnais décident de faire appel à la main d’œuvre roannaise. Très professionnelle, elle sait faire preuve d’une grande technicité. C’est alors que le tissage roannais prend son essor. Roanne devient une cité ouvrière. De nouveaux quartiers se développent. En 1817, Sébastien Mulsant achète un terrain où il ne construit pas une usine mais un ensemble de petits bâtiments « Les Baraques Mulsant » dans lesquels il installe des familles de tisseurs qui vont travailler pour son compte.

D’année en année, l’activité va s’accroître grâce à l’arrivée des métiers mécaniques et la création d’ateliers de grande taille au cœur de la ville. Roanne comptera alors des milliers de métiers et d’ouvriers. La population passe de 8 370 habitants en 1821 à 31 380 en 1891 !

Importé principalement de Chine et des Etats-Unis, le coton sera tissé pour fabriquer notamment des vêtements de travail. Ces tissus solides vont devenir luxueux avec la technique du tissu Vichy. Cet entrelacement de fils blancs et de couleur va alors créer ces carrés Vichy que nous connaissons tous. Brigitte Bardot ira même jusqu’à porter ce tissu Vichy lors de son mariage en 1959 avec Jacques Charrier.

Roanne deviendra LE pôle national de production de cotonne après l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par l’Allemagne en 1870, jusqu’alors premier producteur de cette matière !

Les entrepreneurs roannais fleurissent. A l’instar d’Antoine Bréchard qui rachète en 1878 l’entreprise de son employeur, Barthélémy Brison. Il donne un nouvel élan à l’industrie du tissage en introduisant à Roanne le métier Jacquard. Il devient l’un des premiers à réaliser une unité de production aussi importante pour l’industrie cotonnière ! Son entreprise comptera jusqu’à 1600 personnes !

Après avoir connu ses heures de gloire, l’industrie roannaise du tissage va malheureusement péricliter dès la fin du XIXe siècle et surtout  la deuxième guerre mondiale. En cause ? les entrepreneurs ne vont pas assez investir dans leurs métiers pour assurer les productions. De plus, les différentes décolonisations ont fait perdre les principaux clients à l’exportation.

La mécanisation du tissage prive la campagne d’une source de revenus complémentaire et libère de la main d’œuvre. Cette main d’œuvre est vite employée dans des maisons roannaises qui se lancent dans le « lainage ».

L’essor de la bonneterie

Contrairement au tissage qui consiste à tisser des fils, la bonneterie est une maille tricotée. Les premières fabriques datent des années 1860 et sont des ateliers familiaux qui font tricoter des femmes à la ferme ou aux prés (pèlerines, fichus…), une contremaîtresse, souvent une commerçante distribue le travail et le récupère.

Grâce à l’invention du métier mécanique « Rachel » en 1880, le tricotage à la main laisse place au tricotage mécanique, beaucoup plus rentable ! Il est alors coutume de dire « Celui qui achète un métier Rachel devient riche dans l’année ! ».

De 1922 à 1954, la mécanisation et la demande constante participent à une forte croissance de la bonneterie. De 25 ateliers en 1914, on compte 50 maisons en 1927 (300 métiers, 700 ouvriers en usine pour une production de 1200 tonnes de chandails, gilets, chaussettes, écharpes…) et en 1939, ce sont 200 maisons, 1500 métiers et 5000 salariés !

Cette forte croissance et demande est en grande partie due à l’évolution des mœurs : la maille donne des articles souples, aisés à porter, convenant au sport et à la détente.

Des entreprises renommées voient le jour comme Cukier, Pauporté, Ferret, Lewinger, Griffon, Devernois, Rhodamel, Desarbre… Beaucoup d’entre elles comptent jusqu’à 500 ouvriers ou plutôt ouvrières ! De plus, la bonneterie fournit des emplois de « finition », à domicile, donnant ainsi du travail à des mères de famille à une époque où très peu de femmes travaillent.

Le taux d’activité de la population féminine est le plus élevé de France et la ville ne fournissant plus assez de main d’œuvre, la population des campagnes arrive par le bus à la gare routière construite en 1954 (une des premières de France !).

Après la crise pétrolière dans les années 70, les manufactures vont une à une fermer à la suite d’une trop forte concurrence et à des délocalisations.

Roanne, une ville modelée par le textile

En se promenant dans la ville et en levant les yeux, on remarquera vite que Roanne a été façonnée par l’industrie textile : de nouveaux quartiers, ouvriers, ont vu le jour (Mulsant, Clermont). L’habitat en témoigne !

Quelques belles « maisons de maître » attirent le regard. Elles se situent souvent près d’anciens locaux industriels, typiques avec leur « shed », ces toits en dents de scie aux verrières permettant d’éclairer les ateliers ! A vous de les trouver rue Brison, Boulevard Jules Ferry, avenue Gambetta, rue Emile Noirot, impasse Fontal où la maison fait face à la « cité ouvrière » et aux anciennes usines…

Témoignage de ce passé, quelques cheminées sont encore debout et insérées dans de belles réhabilitations !

Plan de Roanne dans les années 1900
Plan de Roanne dans les années 1900 © Médiathèque de Roanne

Le textile à Roanne, intimement lié aux sports

En plus de modeler la ville, l’activité textile a aussi permis l’essor du sport à Roanne. Soucieux des loisirs de leurs employés, les dirigeants de grandes bonneteries ont aidé à la création et au développement de grands clubs sportifs roannais :

  • Henri Rhodamel et le basket avec la Chorale de Roanne, deux fois championne de France ! Il fera même construire le Palais des Sports, rue Albert Thomas, pour abriter les matchs de son équipe !
  • Claude Devernois a créé le club de rugby à XIII de Roanne et a participé à la création de la fédération française de rugby à XIII
  • Rugby à XV : Pendant la présidence de Raoul Griffon entre 1945 et 1965, le club connaîtra des heures de gloire en étant classé en 2e et même 1ère division (équivalent du Top 14 actuel) pendant 6 ans. Il a été aussi président de l’athlétisme roannais.
    A noter : le stade Griffon est juste à côté de l’usine du même nom !

Et il ne faut pas oublier le football développé dans le quartier de Mâtel à l’initiative des cadres d’une autre grande usine en lien avec le textile : France Rayonne !

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’industrie textile, ce sont aussi les initiatives telles celle d’Elysée Crouzet, qui en 1919, créera les ARCT (Ateliers de Constructions Textiles) pour la fabrication de machines à texturer les fils synthétiques et comptera 2000 employés !

Le Marcel, made in Roanne

Logo des Tricots Marcel

Difficile de dire que le Marcel est une invention roannaise mais ce que l’on sait c’est que Marcel Eizenberg a donné naissance en 1949 aux Etablissements Marcel à Roanne. Il aurait alors créé un sous-vêtement pour homme en coton sans manches. La légende dit que ce maillot de corps aurait été baptisé par des grossistes à Paris du prénom de son fabriquant, Marcel.

De nos jours, un chef d’entreprise redonne ses lettres de noblesse au Marcel de Roanne : Thomas Sardi. A la tête des Tricots Marcel, il a une seule idée en tête : faire du Marcel le nouvel emblème haut de gamme de Roanne.

Les grandes ventes de l’année

Pour les chasseuses de bonnes affaires et les accros du shopping, ne manquez pas les nombreuses ventes d’usine organisées tout au long de l’année. C’est une parfaite occasion pour tomber sous le charme de nouveaux vêtements à prix réduits et de refaire votre garde-robe.

  • Grandes ventes au Scarabée – prêt-à-porter à Riorges, en avril et octobre
  • Chassagnard – prêt-à-porter à Riorges, en avril et novembre
  • Devernois & Yves Delorme – prêt-à-porter, au Coteau en avril et novembre
  • Mado Marcel – prêt-à-porter à Neaux, en avril et novembre
  • Rose Pomme – prêt-à-porter à Riorges, en juin et octobre
  • Le Marathon des Bonnes Affaires Griffon & Mervil Christian Cane – prêt-à-porter à Roanne, en mars, juin et novembre
  • Rodam et Carole Grey – prêt-à-porter à Roanne, en juin et novembre
  • Velours de l’usine Bouton Renaud à Saint-Just-en-Chevalet, en décembre

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